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L'auteur
Philippe LE MAGUERESSE
(plemagueresse@outlook.fr) - OCEANS ET ASTROLABE
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Financements
Aperçu
Décider a toujours été difficile. Mais quelque chose a changé : nous disposons désormais d'une puissance de calcul et d'une masse de données sans précédent, et pourtant les organisations gesticulent plus qu'elles n'avancent. L'IA optimise, les tableaux de bord se multiplient, les modèles se perfectionnent, et la paralysie décisionnelle s'installe quand même.
Cet appel à contributions pour un ouvrage collectif part d'un constat simple : la difficulté à décider n'est pas un problème d'information. C'est un problème de conscience des tensions, des effets de bord, des angles morts que ni les données ni les algorithmes ne voient.
Publié aux éditions Management & Datascience, il réunira praticiens et chercheurs autour de sept tensions structurantes de la décision contemporaine. Non pour les résoudre, mais pour apprendre à les habiter. Et passer enfin de la gesticulation à la décision qui tient.
Contenu
CONTEXTE ET ENJEUX
Nous n’avons jamais eu autant de données, ni autant de moyens d’en tirer parti avec l’IA. Et pourtant, décider et réussir à déployer n’a jamais été aussi difficile tant les injonctions contradictoires abondent.
Ces injonctions contradictoires sont des tensions à accepter et à habiter pour pouvoir décider et agir, au-delà d’elles.
Aucun regard seul ne suffit à les tenir. Cet ouvrage réunit des praticiens et des penseurs qui les vivent, les étudient, les traversent. Chacun depuis son terrain.
Chaque contribution tient les autres. Ensemble, elles forment une voûte.
PROBLÉMATIQUE ET OBJECTIFS
Dans notre environnement, les organisations ont tendance à gesticuler : Elles s’agitent, décident en local, ignorent les effets de bord, et s’épuisent sans produire de mouvement juste. Dans un monde où les données se multiplient et où l’IA promet de tout optimiser, pourquoi décider reste-t-il aussi difficile. Et comment passer de cette gesticulation à la décision qui tient et se déploie ?
La difficulté à décider n’est pas un problème de données ni d’outils. C’est un problème de conscience des effets de bord, des tensions en jeu, des parties prenantes concernées. Les organisations qui décident bien ne sont pas celles qui ont le plus d’information. Ce sont celles qui ont développé une réflexivité collective suffisante pour traverser les tensions sans se perdre. Et pour tenir compte des points de vue sans s’y soumettre.
L’ouvrage vise trois objectifs :
Nommer : Identifier les tensions de notre époque pour que le lecteur les reconnaisse dans son quotidien.
Incarner : Montrer, par des cas extrêmes et des témoignages situés, comment ces tensions se vivent réellement, et comment certains arrivent à les traverser.
Outiller la posture : Pas des to-do lists. Développer la réflexivité, la conscience des effets de bord, la capacité à tenir plusieurs points de vue simultanément.
AXES ET THÈMES PRINCIPAUX
L’ouvrage s’articule autour de sept tensions structurantes de la décision contemporaine. Chacune est éclairée par un ou plusieurs contributeurs situés – praticiens, chercheurs, décideurs – qui la vivent, l’étudient ou l’ont traversée. Parfois dans des situations extrêmes.
1. Monitoring ↔ Attention
On mesure tout. On ne regarde plus rien. Le tableau de bord donne l’illusion de la vigilance. Mais la carte n’est pas le territoire. L’œil finit par se détourner de ce qui compte vraiment.
Cas : Nokia surveille ses parts de marché pendant qu’Apple construit un écosystème invisible à ses instruments.
2. Accumulation ↔ Architecture
Plus de données ne produit pas mécaniquement plus de clarté. C’est la structure dans laquelle les données s’inscrivent qui conditionne leur valeur décisionnelle. Sans architecture, l’accumulation paralyse au lieu de faciliter l’action.
Cas : Amazon crée un classement interne pour mesurer l’usage de l’IA. Résultat : des salariés multiplient des requêtes inutiles pour améliorer leur position. Ce qui devait mesurer l’apprentissage a fabriqué du bruit. Goodhart l’avait formulé : lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure.
3. Expertise ↔ Décision partagée
L’expert connaît son domaine, une parcelle de la connaissance globale. La décision, dans notre monde interconnecté, vit à la frontière de tous les domaines. Là où aucun expert n’habite. La légitimité du savoir et la légitimité du jugement collectif s’affrontent en permanence.
Cas : Le Concorde a continué parce que personne n’osait dire stop face à l’expertise — malgré des signaux économiques clairs depuis des années.
4. Cap ↔ Navigation
Le cap ne dissipe pas le brouillard ; il le rend navigable. Sans cap on navigue au hasard. Avec seulement un cap on peut ne pas trouver le chemin.
Cas : Shackleton n’a pas atteint son objectif initial, traverser l’Antarctique de part en part. Il a ramené en revanche ses 27 hommes vivants après 634 jours dans des conditions extrêmes, parce que le cap profond n’avait jamais vacillé.
5. Poulpe ↔ Vertèbre
Certaines décisions doivent vivre au plus près du réel. D’autres ne peuvent être vues que depuis le centre. La subsidiarité décisionnelle pose une question simple et difficile : Qui décide quoi, à quel niveau, avec quelle information ? Et comment les enseignements du local remontent-ils vers le centre pour redescendre et enrichir la décision locale ?
Cas : Le général McChrystal transforme l’armée américaine en Irak en « équipe d’équipes » : Chaque unité autonome dans ses décisions locales, connectée en temps réel aux apprentissages des autres.
6. Calcul ↔ Jugement
L’esprit de géométrie prouve, mesure, démontre. L’esprit de finesse sent, situe, incarne. L’intuition n’est pas l’ennemi de la donnée : C’est de l’expérience condensée que l’algorithme n’a pas encore appris à modéliser.
Cas : Les modèles de risque des banques en 2008 étaient mathématiquement impeccables, et aveugles sur les angles morts de tout modèle. Ce que Taleb nomme l’Extrémistan : le territoire où le calcul s’arrête et où le jugement reprend ses droits.
7. Mémoire ↔ Lucidité
La mémoire organisationnelle peut autant révéler qu’aveugler. Persévérer dans son être, ce n’est pas rester identique. C’est se métamorphoser sans se perdre. S’ouvrir, sans se diluer.
Cas : Kodak a été tué par la mémoire de son propre succès, l’inventeur du capteur numérique, enterré dans sa pellicule. Fujifilm a survécu en restant fidèle à ce qu’elle était profondément, tout en changeant de forme.
Les consignes aux auteurs sont les suivantes :
- Structure : titre, noms/fonctions/affiliations des auteurs, résumé (100-150 mots), corps structuré (introduction, sections numérotées, conclusion), bibliographie APA.
- Volume : 15 000 à 21 000 signes espaces compris, fichier Word (.docx).
- Illustrations : autorisées, HD (300 dpi min.), formats .tif/.jpeg/.bmp/.png en pièces jointes, numérotées par ordre d’apparition avec mention dans le texte, libres de droits.
- Références : norme APA 7e édition, cohérence stricte entre citations dans le texte et bibliographie finale.
Pour plus de précisions, voir le guide des auteurs.
Les contributions doivent se faire directement via la plateforme Management & Datascience à partir de l’onglet « Participer ». Pensez à vous inscrire sur la plateforme au préalable. Une fois connecté, cliquez sur «Contribuer» pour créer votre article.
Les contributions sélectionnées constitueront un chapitre de l’ouvrage collectif coordonné par Philippe LE MAGUERESSE et sera publié en fin d’année 2026 par les éditions Management & Datascience.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- Brynjolfsson, E., & McAfee, A. (2014). Le deuxième âge de la machine. Odile Jacob.
- Crozier, M., & Friedberg, E. (1977). L’acteur et le système. Seuil.
- Descartes, R. (1637). Discours de la méthode. Ian Maire.
- Goodhart, C. (1975). Problems of monetary management: The U.K. experience. Papers in Monetary Economics, 1, 1–20.
- Janis, I. L. (1982). Groupthink: Psychological studies of policy decisions and fiascoes (2e éd.). Houghton Mifflin.
- Kahneman, D. (2011). Thinking, fast and slow. Farrar, Straus and Giroux.
- Klein, G. (1998). Sources of power: How people make decisions. MIT Press.
- McChrystal, S., Collins, T., Silverman, D., & Fussell, C. (2015). Team of teams: New rules of engagement for a complex world. Portfolio/Penguin.
- Morin, E. (1990). Introduction à la pensée complexe. ESF Éditeur.
- Pascal, B. (1670). Pensées. Guillaume Desprez.
- Schön, D. A. (1983). The reflective practitioner: How professionals think in action. Basic Books.
- Sibony, O., & Hazan, C. (2019). Vous allez commettre une terrible erreur ! Flammarion.
- Simon, H. A. (1947). Administrative behavior: A study of decision-making processes in administrative organization. Macmillan.
- Taleb, N. N. (2007). Le cygne noir : La puissance de l’imprévisible. Les Belles Lettres.
- Weick, K. E. (1995). Sensemaking in organizations. Sage Publications.
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