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Revenir à un travail réellement humain : leçons des permanences africaines

  • Résumé
    Le cyber-management étend aux cerveaux l’emprise que le taylorisme exerçait sur les corps ! Cette recherche de programmation des êtres humains les coupe de l’expérience de la réalité. Elle aggrave la déshumanisation du travail. Ce qui explique notamment la montée en puissance des risques pour la santé mentale et l’augmentation des fraudes. En effet, sommé d’atteindre des objectifs souvent inatteignables, un travailleur n’a guère d’autre alternative que de sombrer dans l’épuisement ou de donner le change en satisfaisant à des indicateurs de performance déconnectés de la réalité (Supiot, 2019).
    Citation : Frimousse, S. (Déc 2020). Revenir à un travail réellement humain : leçons des permanences africaines. Management et Datascience, 5(1). https://management-datascience.org/articles/14666/.
    L'auteur : 
    • Soufyane Frimousse
       (frimousse@univ-corse.fr) - IAE de Corse, Chercheur Associé ESSEC
    Copyright : © 2020 l'auteur. Publication sous licence Creative Commons CC BY-ND.
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    Texte complet

    Ce cyber-management s’est trop longtemps posé comme l’empire de la vérité sur la planète entière pour arracher l’autre à l’erreur, c’est-à-dire pour le convertir à l’occidentalisation du monde et non pas à la globalisation. L’illusion occidentaliste consiste à croire que l’exportation des modes de vie, le transfert des technologies, le cyber-management et sa vision du travail valent en quelque sorte conversion à son modèle et justifie le changement de tout à chacun  à l’instar d’une monnaie convertie en une autre[1]. Or, les civilisations ne sont pas programmables. Elles se livrent au tri !

    Sur le continent africain, le cyber-management façonne, depuis l’extérieur, les appareils productifs, les systèmes éducatifs et de formation, les rapports sociaux de production, les sphères intellectuelles au service de la technoscience économique. Toutefois, émerge également un mouvement d’introversion/contextualisation qui s’appuie sur des permanences territoriales locales réelles et subjectives (sens, symboles…). En terres africaines, la réalité va au-delà de ce que l’on voit. Elles créent des passerelles entre ce qu’on appelle le naturel et le surnaturel, le physique et la métaphysique, le rationnel et l’irrationnel, l’objectif et le subjectif, le scientifique et le superstitieux, le visible et l’invisible, le réel et l’irréel, l’explicable et l’inexplicable. Le réel n’est pas seulement ce qui peut être observé ou ce qui fait appel au sens cognitif. Il englobe également l’invisible, l’émotionnel, le sentimental ou l’inexplicable (Frimousse, 2019).

    Le travail y est guidé par la loi de l’intérêt économique (economicus…). Mais, il s’insère également dans la réciprocité (reciprocus). Il y a autant de réciprocité, d’affectivité et de reconnaissance que de calcul. Il est impossible de s’en tenir à un rapport strictement comptable et stratégique. Les échanges entre les hommes ont d’autant plus de valeur qu’ils se rapportent à d’autres intérêts (sociaux, écologiques…). Le travail n’est pas organisé uniquement par une rationalité instrumentale. Il est enveloppé dans une relation sociétale et un enracinement. « Parler » et « se parler » sont considérés comme des facteurs essentiels.  On s’interpelle et se consulte (palabres, griot…). Le contact personnel est davantage privilégié que la voie formalisée. L’échange humain n’est pas un système d’échange de signaux neutres entre émetteurs et récepteurs ! L’individu n’est pas atomisé, mais plutôt sociétalisé au sens donné par Charles Taylor (2011) pour qui chaque individu est social en essence.

    Cet éthos commun, véritable permanence au sein des pays africains, peut permettre cette interaction entre conditions (économiques, écologiques) et significations d’existence (raison d’être, finalités…), entre ordre économique et dynamique sociale. Il peut également contribuer à domestiquer l’outil informatique, à en civiliser l’usage, afin qu’il libère l’esprit des hommes au lieu de l’aliéner.

    Ubuntu et açaba : les permanences de l’africanité et leur transposition organisationnelle.

    Le continent africain regroupe 54 états et donc une diversité de cultures, de contextes et de temporalités. Mais malgré cette variété, il est possible de parler d’un éthos commun, une sorte d’africanité. Par exemple, les Africains savent tous qu’ils ne sont ni les maîtres ni en possession de la planète. Senghor (1967) avait déjà pensé l’africanité à partir de l’arabité et la négritude en opposition à Hegel (1820) qui, lui, posa le Sahara comme une frontière séparant l’Afrique. Or il y a continuité entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne faite de cultures orales et de culture de l’écrit ! L’alphabet arabe est utilisé depuis longtemps en Afrique subsaharienne, y compris pour les langues africaines, et l’arabe classique se lit au-delà des pays dits « arabo-musulmans ».  Il y a une tradition d’érudition écrite et d’oralité. Dans ces sociétés, vivre signifie par nature vivre socialement. La défense est ici collective, manifestant un pouvoir atteint qu’en tant que communauté…La force commune est enracinée dans des rites collectifs.  Les Africains se savent tous unis par des liens invisibles et sont conscients que l’humanité repose sur le même fondement. Cette vision est formulée par l’ubuntu qui est présente dans l’Afrique subsaharienne et trouve ses origines en Afrique du Sud au travers des langues zoulou et xhosa. Elle synthétise une maxime traditionnelle signifiant « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes ».

    Ce concept d’ubuntu renvoie aux notions de sentiment d’appartenance et d’unicité de la communauté humaine menant à la coopération et au partage. Il s’agit d’une interconnexion qui régit les rapports humains et sociaux. La question essentielle est de connaître les réalisations à accomplir afin de permettre à la communauté d’être en mesure de progresser. Il s’agit de donner un sens à la vie, mais aussi un sens au rôle dans la communauté (Brougne, 2015). La solidarité et la valorisation du collectif sont importantes. Le temps est de l’argent mais il est surtout le ciment du lien social.  Nelson Mandela et Desmond Tutu ont activé ce mot de la langue pour le charger du sens, de l’énergie, que porte la notion d’âme ouverte. L’humain est dépositaire de la vie terrestre. Il doit faire humanité ensemble, contraire effectif de la prédation (Diagne, 2016). La démesure commence toujours par le mépris de la vie humaine et le désir pervers de se faire dieu. Avec la démesure, s’atrophie le dessèchement du cœur et de l’esprit. L’homme qui connaît ses limites, se sait mortel, éphémère et relatif. Cette juste mesure nous permet de ne pas dépasser les bornes de l’humain ! Au-delà des limites imposées à l’homme, son désir le conduit à la perdition…

    La nature est la norme. Elle incarne la limite et ne peut être concurrencée ou désacralisée par un ordre humain. Le « mieux » est un « mieux » des possibles et non pas une quête de l’impossible. Le concept de açaba (esprit de corps), très présent au Maghreb, englobe des dimensions liées à l’ubuntu. Pour Ibn Khaldun (1377), l’esprit de corps ne se montre que chez les gens qui tiennent ensemble par les liens du sang ou par quelque chose d’analogue. Ils se soutiennent les uns les autres, ils se prêtent un mutuel secours. L’individu constitue un maillon dans une chaîne d’êtres. Ce qui ne signifie nullement que l’Afrique est archaïque et non moderne comme le laisse entendre de nombreux scientifiques, penseurs, philosophes et écrivains pour lesquels l’Afrique est immobile et réfractaire à la marche de l’Histoire et du progrès[2].

    L’enchantement sociétal y est paradoxal puisqu’il cohabite avec un désenchantement d’une partie du monde économique qui est de plus en plus sécularisé. La tradition peut regrouper les valeurs essentielles qui donnent du sens à la vie ! Dans ce cas, elle est une tradition vivante qui se fonde sur le refus du passé non actualisé. Elle n’est pas l’évocation de choses mortes. Elle est réappropriation d’un élan créateur (Berger, 1962).  La tradition est un capital symbolique à réinterroger et à réinjecter dans un devenir à condition d’en retenir ce qui est fécond. Pour faire œuvre de civilisation, il faut de la transmission (Sarr, 2016).

    Les Africains sont déchirés entre une tradition qu’ils ne connaissent plus vraiment et une modernité dé-structurante et déshumanisante. Quiminal (1991) parle de contemporanéité multiple correspondant à une juxtaposition au sein d’un même territoire de temporalités et d’épistémès différents avec plusieurs systèmes de référence qui cohabitent et/ou s’entrechoquent.  Georges Balandier (1957) avait déjà examiné et identifié des sociétés tiraillées entre plusieurs univers, plusieurs rythmes, plusieurs modèles économiques, l’un villageois, respectueux des saisons, des structures familiales, de la palabre, l’autre issu de la colonisation et de la modernisation. Les Africains connaissent donc la transversalité de plusieurs mondes (domestique, marchand, technique…) au sens de Boltanski et Thévenot (1991). Les systèmes de pensée, les visions du monde, les épistémologies issues des cultures africaines agissent toujours sur leurs sociétés. Ainsi, Amadou Hampâté Bâ (1994) clame que « le tronc d’arbre a beau séjourner dans le courant du fleuve, jamais il ne deviendra un crocodile ». Les piliers de la vie africaine demeurent la réciprocité, la redistribution et l’échange. Nier ces réalités revient à avoir une pensée hors sol !

    Les croyances traditionnelles vivent donc un ébranlement massif. Les individus évoluent aussi dans un environnement où la liberté et l’égalité sont promues. Et, il ne s’agit pas d’un vernissage occidentalisé. Cette autonomie s’oppose trait pour trait à l’hétéronomie. Ces situations originales parfois source de désorientations, de secousses amènent à voir et à penser, tout à la fois, l’introduction du monde moderne et son universalité, et l’émergence d’un autre, beaucoup plus fragmentaire, fait de juxtapositions.

    Les succes stories présentées dans l’ouvrage Africa Positive Impact (2020) illustrent l’entrecroisement de ces logiques. Citons pour exemple l’entreprise Patisen. L’homme d’affaires sénégalais d’origine libanaise, Youssef Omaïs, 64 ans, a réussi à hisser Patisen, qu’il a fondé en 1981, au rang de leader de l’industrie alimentaire au pays de la Teranga. Citons également M-Pesa, une disruption économique à impact social sans précédent au Kenya.  « Pesa » signifie « argent » en swahili. M-Pesa est un système intelligent et pratique de paiement via mobile téléphonique. En quelques mois, M-Pesa avait conquis un million d’utilisateurs Aujourd’hui, l’application revendique trente millions d’utilisateurs réguliers dans le monde, dont dix-huit millions au Kenya, soit 70% de la population adulte du pays. En dix ans, M-Pesa a transformé l’économie kényane avec des transactions rapides, plus sûres et surtout traçables.

    L’ordinateur apprivoisé et la parole retrouvée.

    L’hyper-performance, couplée à l’urgence et l’immédiateté provoquent des obligations de réponses dans l’instant aux sollicitations professionnelles. Cette hyper-réaction, caractéristique du cyber-management, engendre un hyper fonctionnement source de surchauffe accompagnée de déséquilibre de la personnalité (irritabilité, nervosité, fatigue, anxiété, agressivité…). Certes, le cyber-management tente de rectifier le tir et de nombreuses organisations se retrouvent à embaucher des chief happiness managers, pour créer une cohésion tout à fait artificielle et le bonheur au travail, à grand renfort de team building. L’intelligence artificielle est présentée comme la solution car elle permettra un manager augmenté et une société administrée par les robots, du bloc de chirurgie en passant par les supermarchés, les cabinets d’avocats, les librairies, les universités… Est-ce la bonne voie ? Nous pensons que non et nous estimons que puiser dans l’éthos de l’africanité constitue une piste de réflexion sérieuse pour restaurer un travail réellement humain et en finir avec le travail servile.

    En effet, Rossatanga-Rignault (2007) s’interroge sur les rapports des Africains à l’entreprise et au travail. Il articule sa réflexion autour d’une expression gabonaise : « Le travail des Blancs ne finit jamais. » Son analyse révèle des logiques temporelles particulières. Ce dicton traduit l’expérience matérielle et symbolique des africains au temps de travail marqué par les affres du passage forcé d’un temps cyclique, en l’occurrence bantou, à un temps linéaire capitaliste. Le travail est donc charpenté par un enracinement.

    L’activité productive et économique traditionnelle demeure subordonnée à des finalités socio-culturelles. Il s’agit d’économie relationnelle différente de l’économie matérielle à visée utilitariste également présente en Afrique. L’objectif de l’économie relationnelle est de produire des relations de qualité entre les personnes. Relations qui représentent en elles-mêmes des valeurs. L’argent pouvant en être une des conséquences.

    Dans l’éthos commun africain, le travail est une véritable façon d’être au monde, il est une médiation entre l’homme et son œuvre, mais aussi entre l’homme, les autres et la nature, car le travail permet de dépasser son intériorité pour se confronter à la matière. Bourgoin (1984), rappelle l’importance attachée à la qualité de vie, le goût prononcé des Africains pour les relations sociales harmonieuses et leur souhait affirmé de travailler dans la tranquillité. D’où la difficile application des principes et des outils du cyber-mangement (direction par objectifs…).

    Le travail est le propre de la condition humaine : en travaillant, l’homme façonne le réel et se sent appartenir au monde. Même si progressivement, le cyber-management étouffe cette philosophie du travail pour passer à une vision instrumentale d’un travail devenu automatisable et programmable, l’éthos africain est toujours présent.  Cette philosophie du travail rejoint celle de Weil (1951) qui encourageait à un travail réalisé en conscience, où l’homme demeure maître de la technique et décide, d’un bout à l’autre de l’entreprise, des différentes étapes. La technologie est ici mise au service de l’émancipation et non pas de l’accumulation. À la différence des précédentes révolutions industrielles, ce ne sont pas les aptitudes physiques que les nouvelles machines et technologies surpassent, mais les aptitudes cognitives, ou plus exactement les capacités de mémorisation et de calcul. Elles offrent donc une chance de permettre aux hommes de se concentrer sur la part « poïétique » du travail, c’est-à-dire celle qui exige imagination, sensibilité ou créativité. Donc, celle qui n’est pas programmable ! Cette mutation technique peut permettre de restaurer un travail réellement humain (Supiot, 2019).

    L’éthos africain est également intéressant car la parole y occupe une place prépondérante. Et on connaît depuis les travaux de Benveniste (1983), l’importance du lien entre la parole, l’identité, la faculté de symbolisation, les représentations mentales, la mise de significations dans le contexte vécu, et le comportement.

    C’est dans et par le langage que l’homme se constitue comme sujet.  L’homme est, à la diffé­rence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Ce que le cyber-management a totalement perturbé en injectant une parole technique à une parole de tradition faisant du collaborateur un objet de gestion. Par exemple, l’introduction de la langue et de la logique cyber-managériale à l’école et à l’université n’est pas sans conséquences sur la nature même du savoir qui s’y transmet. Cherchez donc des modes opératoires dans l’enseignement de la culture générale, de l’histoire, de la littérature et de la philosophie ! Dès lors, le processus devient plus important que l’être, ce que Hannah Arendt (1958) avait perçu.

    Cette mise en relation entre langue technique et langue traditionnelle constitue une menace de dissolution de la parole et de la langue dans le monde de l’information (Rappin, 2020).  Car la communication y est conçue sur le modèle élémentaire de l’action et de la réaction.  Il n’est pas question de véritables échanges humains. D’ailleurs, s’inscrivant dans l’idéal du cyber-management, le patron de Tesla, affirme que le langage humain pourrait être remisé au rang d’accessoire ! Le dirigeant de Neuralink a expliqué que son entreprise serait en mesure d’intégrer un implant à un cerveau humain capable de se passer du langage humain. Qu’adviendrait-il alors de l’humain ?  Un programme à télécharger !

    Dans les organisations africaines, la communication renvoie à l’échange, l’interaction, la relation. La personne participe grâce à la parole ! Des petits groupes de personnes discutent, que ce soit au siège, dans les ateliers… Les entrées, les sorties, la circulation… sont libres, ainsi que les moments de pause, les contacts avec les autres. Les employés s’expriment spontanément et librement. « C’est bien la parole qui rend l’homme capable d’être le vivant qu’il est en tant qu’homme. L’homme est homme en tant qu’il est celui qui parle. »  (Heidegger, 1981). Les peuples africains s’interpellent.  Il en est ainsi du « waxaale », ce traditionnel marchandage à l’africaine. Le mot « waxaale » vient du verbe wolof « wax » (parler) et du suffixe « aale », qui indique qu’on profite d’une action donnée pour en faire une autre (M’Baye, 2001). Au Sénégal, historiquement, toute transaction commerciale avait une fonction sociale, à savoir la satisfaction du besoin de communiquer oralement ressenti par le Sénégalais et la nécessité de s’informer sur ses parents et sa famille élargie. Le commerçant itinérant, « butiteu mbàg » (boutique sur l’épaule) ou le Dioula étaient attendu par ses clients pour les produits proposés et surtout les nouvelles colportées (avis de mariage, de baptême, de décès…). Avec le temps, entre le vendeur et son client se crée une relation qui dépasse largement le cadre du commerce. Il se tisse un lien très solide. La parole, car elle permet la relation avec autrui, est l’une des conditions de base de la « constitution » en tant que sujet-personne.

    Conclusion

    Le cyber-management est comme Midas. Il transforme tout ce qu’il touche non pas en or mais en organisation. Ce phénomène est un évènement économique, politique, technique et métaphysique. Ce monde cyber-managérial sans frontière dont le contrôle est assuré par la gestion rationnelle des nombres par des systèmes informatisés, peuplé d’êtres hybrides (cyborgs, machines intelligentes, robots) annonce l’effacement des frontières entre l’humain, le biologique et la machine. Ce nouveau type de société se caractérise par l’effacement des repères normatifs et les questions du pourquoi et leur remplacement par une logique purement opératoire, celle de l’efficacité. Or celle-ci ne peut donner à elle seule un sens à la vie humaine. Elle relève à proprement parler du domaine technique. Quand il n’y a plus que la question du comment, ce n’est plus supportable pour l’humain et la planète.

    Cet universel de surplomb est source d’échecs et de crises ! Que faire ? Changer le cyber-management ? Compte tenu de sa nature et de sa finalité, cela semble impossible car on peut certainement diriger les hommes autrement, mais non les manager autrement ! Reste la possibilité de s’orienter vers d’autres civilisations qui possèdent des traditions de direction, de conduite, d’animation d’équipes qui n’entrent pas dans le giron du cyber-management. Dans cette optique, même si l’Afrique est reléguée aux marges des dynamiques économiques de la mondialisation, nous pensons possible de puiser dans les permanences africaines afin de : – dompter l’hyperpuissance en lui redonnant du sens ; – revenir à l’être ensemble ; et restaurer un travail réellement humain. Il s’agit d’enracinement dynamique du travail afin de lui donner une certaine intériorité et une certaine verticalité pour sortir du projet de l’homme programme après avoir été l’homme machine.

    [1]  Les Occidentaux parlent souvent d’eux-mêmes, pensant parler des autres (Legendre, 2004).

    [2] Valentin Yves Mudimbé (2013) regroupe les œuvres de ces auteurs dans ce qu’il désigne comme la bibliothèque coloniale !

    Bibliographie

    Arendt H. 1958 . Condition de l’homme moderne. Calmann-Lévy.

    Ballandier. G. 1957. Afrique ambiguë , éd. Presses Pocket.

    Benveniste E. 1983. Problèmes de linguistique générale, Gallimard.

    Berger G. 1962. L’homme moderne et son éducation. Paris. PUF.

    Boltanski L. et L. Thévenot. 1991. De la justification. Les économies de la grandeur, Editions Gallimard.

    Bourgoin H. 1984. L’Afrique malade du management, Paris, J. Picollec.

    Brougne A. 2015. « Ubuntu – « I am because we are… ». Regards Interculturels.

    Diagne S. B. 2016. « Faire humanité ensemble et ensemble habiter la terre. » Présence Africaine (N° 193).

    Frimousse S. 2019. Innovation(s) et agilité à l’ère du digital : Afrique, laboratoires du monde de demain. ISTE Editions.

    Frimousse S. 2020 (sous la direction), Africa Positive Impact. EMS.

    Hampâté Bâ A. 1994. Contes iniatiques peuls. Stock

    Heidegger M. 1981. Acheminement vers la parole, Gallimard.

    Hegel G.W.F. 1820. La raison dans l’histoire.

    Ibn Khaldun. 1377. Muqaddima

    Legendre P. 2004. Ce que l’Occident ne voit pas de l’Occident. Mille et une nuit.

    M’Baye. N. 2001. « A la recherche de l’africanité » , Revue Africultures 41.

    Mudimbé V. Y. 2013. L’Ecart. Présence Africaine.

    Quiminal C. 1991. Gens d’ici, gens d’ailleurs, C. Bourgeois.

    Rappin B. 2020. « Du fantôme d’une langue pure ». Blog.

    Rossatanga-Rignault G. 2007. Le travail du Blanc ne finit jamais – L’Africain, le temps et le travail moderne. Dianoia

    Sarr F. 2016. Afrotopia. Philippe Rey.

    Senghor L.S. 1967. Les fondements de l’Africanité ou Négritude et arabité. Présence Africaine,

    Supiot A. 2019. Le travail n’est pas une marchandise. Contenu et sens du travail au XXIe siècle, Paris, Collège de France, coll. « Leçons de clôture ».

    Taylor C. 2011. L’âge séculier. Seuil.

    Weil S. 1949. L’Enracinement. Routledge

    Weil S. 1951. La condition ouvrière. Les Éditions Gallimard.

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