« Je pense qu’il faut définir avec précisions les enjeux de la transformation digitale » entretien avec Gauthier Vasseur

Formateur, professeur, et conférencier international, Gauthier Vasseur partage son expertise transversale avec des entreprises et des étudiants pour leur donner les moyens de maîtriser leurs données et leurs analyses et devenir ainsi des acteurs de la transformation digitale. Aujourd’hui enseignant à  Stanford, responsable des relations entreprises de la partie Data Science à Berkeley et manager de la transformation digitale d’associations professionnelles et d’entreprises du Fortune 500, Gauthier Vasseur, évangéliste de la technologie, a basé ses succès sur sa passion pour l’innovation. Ses antécédents professionnels vont de grandes entreprises (Google, Oracle, Hyperion) à des entreprises de série A et de pré-IPO (Semarchy, Trufa, TriNet). Il a participé à la finalisation d’une start-up française, e-dutainment.com, dont il a rencontré les fondateurs, deux frères, Corentin et Clotaire Marmignon, sur le campus de Stanford. Aujourd’hui, il transmet son savoir en France par l’intermédiaire de cette plate-forme innovante. Ce service propose de progresser en anglais et dans divers cœurs de métiers, le tout, avec une stratégie de démocratisation d’un apprentissage ultra-qualitatif.

Quels sont les enjeux de votre discipline pour le monde d’aujourd’hui et pour les managers de demain ?

Je pense qu’il faut déjà définir avec précisions les enjeux de la transformation digitale. On a tendance à focaliser la transformation digitale sur l’acquisition de nouveaux logiciels, de technologies ou sur la collecte massive d’informations. En fait, la transformation digitale va bien au-delà, puisqu’elle doit également s’accompagner d’un changement de mentalité au regard du traitement des problèmes de l’entreprise et également une évolution des processus qui doivent progressivement mettre en harmonie la data, la technologie et les hommes. Et puis, il faut également revenir sur un point, cette terminologie, transformation digitale, reste malgré tout un peu erronée et trompeuse, car les entreprises, quand on les regarde aujourd’hui, sont déjà grandement digitales, bon nombre de processus transactionnels ou décisionnels sont déjà en place. Par conséquent, parler de transformation digitale, c’est obsolète. L’autre point, c’est que la transformation digitale n’est pas une fin en soi, le vrai but de cette métamorphose dans les entreprises est d’arriver à un niveau d’agilité et de créativité; favorable à l’esprit d’innovation, donnant aux entreprises la capacité de s’adapter, collaborer et survivre ou croître dans un monde de plus en plus complexe et rapide.

Lorsqu’on ré-établit les contours de la transformation digitale au travers de ce prisme, on comprend mieux pourquoi l’approche pédagogique doit impérativement se coupler d’une approche technologique. Cela passe par une approche de «maîtrise de la donnée», bien sûr, mais nécessite de même une adaptation du management des hommes et une nouvelle conception des processus de l’entreprise. Mon approche pédagogique porte sur ces quatre piliers. Vis-à-vis des managers de demain, non seulement ces piliers sont fondamentaux, mais ils constituent réellement ce que doit incarner un manager. Si l’on adopte une vision holistique de leurs domaines de compétences, mes formations confèrent une vision large, mesurée et pondérée. Oui, c’est exactement ce que ma pédagogie apporte au regard de la transformation digitale, son abord par les data, les systèmes, les processus et les hommes.

Vous faites des formations en présentiels, en ligne par l’intermédiaire de formats courts, précis mais nombreux pour que la formation se fasse au rythme de l’apprenant et qu’elle reste complète, en quoi cette approche est-elle différente ?

La transformation digitale passe nécessairement par une formation théorique sur des principes fondamentaux qui doivent être connus. Ces principes ne sont pas les plus plaisants à apprendre mais ils sont nécessaires à un futur manager qui devra encadrer des personnes et prendre des décisions importantes. Ce qui a été développé pour e-dutainment.com supporte cet objectif personnel de donner aux apprenants une formation segmentée, concise et complète sur une plateforme ayant une approche ludique et divertissante.

Ces contenus sont dépositaires d’une formation théorique, enrichis en outre de l’expérience  d’un professionnel dont la carrière s’étend sur plus de dix années. C’est cela qui va  permettre aux futurs managers de s’associer, de vivre par procuration les opportunités et les risques de ces projets de transformation. Les exemples proposés sont concrets et applicables; le but de la formation proposée par e-dutainment étant d’acquérir de meilleures compétences en anglais au moyen d’une méthode extrêmement pragmatique et practicable. Cela en donnant aux élèves des solutions qui peuvent s’intégrer immédiatement à leur quotidien professionnel.

Vous travaillez beaucoup avec les grands comptes, des universités mondialement reconnues, des entreprises très importantes, gardez-vous la même approche pour toutes vos formations ?

Chaque entreprise, chaque groupe est différent.  Il faut savoir évoluer, s’adapter à tout existant technologique, système de data, etc. Par conséquent, chaque cas sera évalué sur mesure. L’adaptabilité reste la pièce maîtresse car la transformation se fait à partir des fondamentaux technologiques et data, qui eux, restent statiques. C’est donc une première pierre sur laquelle on peut s’adosser. Par ailleurs, les règles de processus légers et agiles, ainsi que la gestion du changement, reposent sur des constantes que l’on met en place de manière récurrente, et ce peu importe l’entreprise. Si on connaît parfaitement sa partition théorique (qui est à ce propos celle enseignée sur les vidéos que l’on trouve sur e-dutainment), on peut se concentrer sur les spécificités de l’entreprise: c’est là que l’on apporte une réelle différence.

Cette expertise qui a mûri à mesure de décennies d’expériences professionnelles, d’années de recherches au sein de grandes universités ou d’organisations telles que l’Association pour les Professionnels de la Finance aux Etats-Unis, nous permet de nous concentrer sur cette variable. Cette variable témoigne du fait que toutes les entreprises sont différentes, et que toutes ont individuellement besoin d’être abordées avec une sensibilité et une empathie propre.

Pourquoi, avec une telle expérience, avoir fait le pari d’une start-up pour partager vos connaissances ?

C’est une excellente question. Je crois profondément en la démocratisation du savoir, j’ai la chance de travailler pour des universités très élitistes, à la pointe des savoirs; mais aussi très coûteuses. Cela me donne accès à une connaissance et à un niveau d’expertise d’une précision et d’une pertinence inégalée. Néanmoins, je crois profondément que ce savoir, cette expérience que j’acquiers chaque jour,  n’a de valeur que si je peux la partager. C’est ce qu’e-dutainment me permet de faire: partager mes compétences de manière large,  car financièrement accessible.

Alors pourquoi e-dutainment ? Simplement parce que c’est travailler avec une jeune entreprise extrêmement dynamique, extrêmement résiliente qui veut changer les règles, ça fait partie des projets que j’aime supporter, je n’ai eu aucune hésitation à contribuer à ce projet, de la finalisation à Stanford à la mise en place des formations, du mieux que je peux et je suis ravi d’offrir le concentré de mes cours à cette jeune start-up.

J’aime les belles histoires, j’ai aidé de nombreuses start-ups; j’ai moi-même été aidé lors de mes débuts; j’ai aidé des étudiants qui ensuite m’ont aidé… C’est pour cela que j’ai choisi ce métier. La data, c’est un monde très froid, logique et pragmatique;  mais en marge il y a des aventures humaines, des collaborations, des rencontres, des succès et des échecs. C’est ça qui rend mon monde enrichissant, et j’espère que c’est ce qui rendra le monde des managers de demain passionnant. Ma conviction est que la data, c’est un meilleur accès à l’information pour mieux collaborer et mieux innover. C’est la libération des énergies de l’entreprise pour mieux travailler ensemble et mieux évoluer, ce qui nous conduit à une aventure humaine.

En quoi est-ce important pour le monde de demain ?

Je voudrais insister sur une chose, tous les efforts que les entreprises font pour se transformer doivent être orientés vers la résolution de problèmes professionnels. Il ne faut pas faire de la data pour dire de faire de la data; on ne se transforme pas digitalement pour se transformer digitalement. On évolue pour devenir meilleur, pour mieux contrôler des risques. Il est absolument impératif d’associer toutes ces démarches à des résolutions de problèmes ou à la recherche de réponses-métier. Sans cette orientation, la démarche est inutile.

Quel que soit le niveau des collaborateurs avec lesquels nous travaillons, qu’ils soient expérimentés ou formés par e-dutainment, nous obtenons des gains de productivité et une plus large vision sur l’information tels que leur travail s’en retrouve révolutionné.

On peut donner quelques exemples de l’impact de transformations réussies dans les entreprises avec lesquelles je collabore.

Quand vous êtes capable de réduire un processus mensuel qui vous prend 12 heures en un processus totalement automatisé qui vous prendra une poignée de minutes, et tout cela, après une journée de formation, vous imaginez bien que tout ce temps gagné va être réinvesti au bénéfice de la réflexion, de la collaboration et de l’innovation. De plus,  ce temps gagné donne l’opportunité aux employés de capter une information beaucoup plus large, ce qui permet de passer d’une revue analytique sur quelques mois jusqu’à une revue analytique qui peut porter sur plusieurs années. La profondeur de vue n’en devient que plus importante. Cette augmentation du champ de l’analyse est l’un des marqueurs  d’une évolution réussie, puisqu’on a gagné du temps de manière considérable, une crédibilité supplémentaire. En outre, le gain temporel apporte une visibilité bien plus large sur les actions à venir; c’est dans cet interstice que vous trouvez le terreau pour la créativité, l’innovation, la collaboration qui sont les clés de survie de l’entreprise.

Pensez-vous que c’est important pour une grande entreprise ou un pour grand groupe d’utiliser la data pour survivre ou croître à l’heure du digital ?

C’est absolument indispensable. Les gains en productivité et en visibilité sont massifs et ce, quelle que soit l’entreprise. C’est ce qui me permet de revenir sur ce que fait e-dutainment, c’est pourquoi je suis absolument en support de ce projet. Aujourd’hui, on récupère beaucoup trop de jeunes diplômés mal formés à ces approches. Nous embauchons des jeunes qui savent faire du tableur, avec une vision très superficielle des données, mais ils n’ont pas les clefs, les grilles de lectures adéquates pour adapter ces informations à leurs besoins quotidiens.  Ce qui devient dramatique en terme de recrutement car nous devons former des jeunes diplômés compétents, mais la plupart n’ont pas les outils suffisants pour les exploiter. Ce que fait e-dutainment au niveau de leur formation pédagogique, c’est de leur donner enfin un accès à ces contenus indispensables.